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 L'Herbe du Diable et la Petite Fumée - C. Castaneda Synthèse

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Nofiko

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Date d'inscription : 08/09/2015

MessageSujet: L'Herbe du Diable et la Petite Fumée - C. Castaneda Synthèse   Mer 16 Sep - 0:28

L'Herbe du Diable et la Petite Fumée - C. Castaneda

Un des seuls bouquins d'Anthropologie que j'ai lu au cours de ma L1. C'est le récit d'une expérience. Un anthropologue Américain devient le disciple d'un sorcier Yaqui.
Pour ceux qui ont du mal à lire (comme pour les autres), du haut de mes 2 livres lus !! : je recommande ! Seul défaut : Castaneda a été scientifiquement démonté, c'est dirait-on du blabla.
En voici une synthèse.

Je vais parler d'un livre que j'ai lu récemment : L'herbe du diable et la petite fumée de Carlos Castaneda. Dans cet ouvrage totalement loufoque, où l'ombre plane entre romance et étude ethnographique, Carlos Castaneda relate l'une des ses premières enquêtes. Alors qu'il est encore étudiant en anthropologie il fait la rencontre d'un brujo : un sorcier indien du nom de Don Juan. Celui ci accepte de le prendre comme disciple, de lui enseigner son savoir. Pour cela C. Castaneda devra passer un certain nombre de rites consistant en l'ingestion de différentes drogues et substances hallucinogènes telles : le Mescalito, l'herbe du diable, ou encore la petite fumée.

J'ai trouvé ce livre particulièrement intéressant sur un point : Carlos Castaneda, qui est totalement étranger et initialement extérieur à cette culture va s'y retrouver plonger, loin de là le stade d'observateur. L'on peut voir ainsi, particulièrement au début de son apprentissage, son incrédulité et son incompréhension face à autant de concepts inconnus et irrationnels totalement opposés à ceux du scientifique. Étant donné son niveau d'implication en tant que disciple il n'a d'autre choix que de s'y confronter pleinement, mettant à l’épreuve ses tolérances face à ce monde totalement révolutionnaire. Ces situations d’incompréhension entre maître (« bienfaiteur ») et disciple ainsi que les tentatives de rationalisations de C. Castaneda suite à chaque expérience en témoigne.

On imaginerait facilement un ethnologue extérieur aux expériences accepter ce qu'il voit, l'analyser avec l'utilisation de concepts qui lui sont plus ou moins propre puis repartir écrire son œuvre. Mais à ce degré d'implication, mélangeant ainsi deux mondes aux apparences totalement hétérogènes, C. Castaneda se retrouve sur scène, vivant ce qu'aucun observateur ne pourrait imaginer. Et pourtant malgré sa position des plus avantageuses les concepts provenant de son univers social et scientifique entrent en conflit avec ses sens ainsi que les analyses et perceptions de son maître.

Mais avec le temps, au cours de son apprentissage C. Castaneda parvient (de manière semble-t-il relativement inconsciente) à mettre de coté ses besoins de rationalisation (jamais de manière complète) : il en vient à une acceptation partielle. Celle ci gommera sur la fin ses capacités à prendre du recul déjà amoindri par son niveau d'implication. La question étant alors : Cela rapproche-t-il ou éloigne-t-il ? Puisqu'il semble que trop de recul, lorsque les univers sociaux de l'observateur et de l'observé sont trop hétérogènes ou trop éloignés, crée des conflits de conception : L'observateur verra peut être des choses intéressantes de l'extérieur mais qui n'auront aucun rapport avec celles que perçoit réellement l'observé. Tant dis-ce qu'un trop grand investissement dans le sujet de l'étude au point de s'y confondre aurait pour effet de réduire l'analyse à ce que les observés pourraient en dire, rendant faible l'apport de la recherche. Qu'elle est le plus important au fond ? Où est la vérité ? Dans ce qui est vu où dans ce qui est vécu ?

Voilà l'une des questions que ce livre m'a fait me poser, horriblement complexe à mon goût. Il me semble en tout cas que ce degré de perception, sans aucun doute complémentaire à celui de l'observateur externe, est essentiel. Certainement le plus difficile d'accès et jamais totalement atteignable quelque soit le domaine d'étude. C'est en se coupant de nos concepts et en acceptant ceux des autres que l'on peut accéder à la compréhension et quitter le réel jugement : celui de l'inconscient.

« Juger, c’est évidemment ne pas comprendre, puisque, si l’on comprenait, on ne pourrait plus juger.  » André Malraux

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